de Duke » Dim 20 Sep 2009, 19:38
Le Progrès
Angers, salle Jean-Bouin, hier. Il est 20 h 20 et le « match » est fini. Georges Philips, le capitaine stéphanois, signe la feuille officielle sur laquelle les arbitres ont consigné l'absence d'Angers BC.
Comme annoncé, le club angevin a boycotté son match face aux Verts de Saint-Etienne.
La N1 grogne. L'Euro polonais fini, la Fédération va devoir agir.
Amoureux du basket, passez votre chemin ! Il n'y avait absolument rien à voir hier soir Salle Jean-Bouin. Rien, nada. Que dalle ! Pas de match. Mais un entraînement. Celui du… CA Saint-Etienne. Comme Patrick Gautier, son président l'avait annoncé, Angers BC a donc inauguré par son absence le bras de fer opposant 15 clubs de N1 (sauf Denain, le Centre Fédéral et Saint-Etienne) à la Fédération. « J'ai 53 ans de basket derrière moi. Je pensais avoir tout vu dans ma carrière, des drames, des joies… Mais non. Il me manquait ça dans ma panoplie ! », avoue Marcel Rome, le vice-président stéphanois. Sur son visage, pas la moindre esquisse de sourire.
Réglementairement, son équipe va pourtant se voir attribuer match gagné par forfait d'Angers BC. Mais non, Marcel Rome ne s'amuse pas. Fabien Romeyer, l'entraîneur des Verts non plus. « J'aurais préféré jouer, quitte à perdre. Dans ce dossier, la problématique concerne les présidents et la Fédé. Je comprends que, de l'extérieur, Saint-Etienne apparaisse comme le feuilleton de l'été. J'aurais préféré être en Pro B. D'ailleurs, tout était réuni, même le budget pour que nous y soyons. La Fédé ne nous veut pas en Pro B, les clubs ne jouent pas contre nous en N1. Qu'on arrête de dire qu'on payera moins nos joueurs. Nous en avons trouvé sur le marché. Il en reste plein de disponibles : Julien Doreau, Jimmy Verove, Pierrick Poupet… Et qu'on m'explique. Quel est l'intérêt d'Angers BC ? »
Il n'est assurément pas financier. L'amende pour un forfait est de 300 euros, auxquels s'ajoutent le remboursement des frais de déplacements et d'hébergement de Saint-Etienne, des arbitres et des préposés à la table de marque ainsi que le manque à gagner de la recette aux guichets. Bref, plusieurs milliers d'euros de perdus.
Mais sur le fond du malaise, Angers BC n'a pas plié. En N1, la fronde est officiellement lancée. « Nous avions alerté Yvan Mainini durant l'été sur cette éventualité. Il nous avait dit que cela n'arriverait pas », raconte même Marcel Rome. Et cette fois, le sourire n'est pas loin.
Les causes défendues sont différentes, mais dans leur solitude, les Stéphanois viennent de gagner quelques alliés.
Un bras de fer géant est engagé avec la Fédération et, en particulier, son président.
Qui pliera le premier ?
Vous le saurez… au prochain épisode.