Lundi
5 fév. 2007
• Sport
L'Espé déboussolée!!
Même s'ils ne le formulent pas de la même manière, les coaches châlonnais et antibois ont une analyse similaire de cette victoire (66-73), logique et bienvenue, des Azuréens ou de cette défaite, inéluctable et inquiétante, des Champenois.
Du point de vue de Joël Delaby, « le chemin à prendre pour s'imposer était une variation permanente de la défense. Par moment, ils donnaient l'impression de ne pas savoir quelle défense ils avaient en face d'eux ». Pour Philippe Namyst, « on a accepté trop de choses dans ce match. De jouer à leur rythme par exemple. »
Ah, ce rythme ! Tous les coaches vous le diront : pas derythme, pas d'adresse. Les Châlonnais, empêtrés dans la nasse antiboise, ont longtemps cherché à se créer des situations ou à défaut à amener le ballon dans la peinture. Faute d'y parvenir, ils ont pris des shoots délicats.
En revanche, les Antibois, s'appuyant sur une DTT (défense tout terrain) perturbante ont constamment évolué dans le bon tempo. A preuve le passage « assassin » de Yann Mollinari dans le troisième quart (15 points à 71 %, et 3/3 à trois points) faisant passer le score de 32-36 à 36-47 en deux minutes !
Redonner vie au groupe
Jamais les Châlonnais n'allaient se remettre de ce coup de massue. Sans « chef de la révolte », ils frisaient le ridicule à la fin de ce tiers en étant repoussés à 25 longueurs (39-64). « C'est, bien sûr, décevant », reconnaissait le technicien de l'Espé à l'issue de quarante minutes à oublier. Ou plutôt à ne pas oublier pour corriger le tir. « On n'a pas affronté Antibes dans les meilleures conditions », avance-t-il. « Shoemaker n'était pas là, Bradford n'avait qu'une semaine d'entraînement avec nous. Et pourtant, nous aurions pu donner un tout autre visage à la rencontre si l'on avait fait preuve d'un peu plus d'agressivité lors du premier quart ».
C'est vrai, l'entame châlonnaise avait été presque parfaite. Dans le sillage d'un Bradford altruiste (deux passes décisives) mais aussi réaliste (un bonus), l'Espé aurait pu (dû) profiter de son 7-2 de la 4e pour creuser l'écart. Malheureusement, les cadres sont passés à côté de leur basket. pendant trois quarts temps. Où étaient les Kerckhof, Traoré, Sy, Dia (Ð 1, 0, 5 et 5 d'évaluation à la 30e) à cet instant-là ?
La réaction de Kerckhof, Dia et Sy et la belle première sortie de Bradford (13 pts à 50 % - 3 rebonds - 9 passes et 19 d'évaluation) permirent à l'Espé de limiter les dégâts face à des adversaires dont la principale préoccupation était de « manger le chrono » en attendant de pouvoir laisser exploser leur joie.
Philippe Namyst a maintenant deux semaines pour redonner vie à son groupe. L'apport de sang neuf (Bradford en attendant l'arrivée du successeur de Shoemaker) et un éventuel remaniement de l'effectif (Muya n'a foulé les parquets de Pro B que 50 minutes lors des dix dernières journées, six lors des cinq derniers matches) parviendront-ils à inverser une tendance inquiétante ?
Yves Dogué



