Thomas Dubiez : «Je suis au taquet»
Bien qu'international, Thomas Dubiez a dû patienter pour trouver un club. Sans club depuis le début de la saison, Thomas Dubiez (1,95 m, 28 ans) vient d'être engagé comme pigiste médical jusqu'à fin janvier à Antibes, où il s'entraînait depuis octobre. Désireux d'aider son club, il souhaite également se servir de cette expérience pour se relancer et rebondir en Pro A.Pro B - 16e journéeComment s’est passé ton premier match avec Antibes, samedi dernier contre Saint-Quentin ?Très bien. J’avais de bonnes sensations mais l’adresse était absence. Malgré le manque de compétition - je n’avais joué que deux matchs amicaux avec le groupe - ça s’est bien passé. J’étais en jambe. On gagne à la fin et c’est tant mieux, car je ne voulais surtout pas casser la dynamique du groupe par mon arrivée.
Comment as-tu vécu ce début de saison sans club ?Ça n’a pas été facile. Après l’équipe de France, je suis venu à Antibes. Je me suis entraîné un temps tout seul, puis j’ai demandé à Savo Vucevic (coach d’Antibes) de m’entraîner avec eux. Cela n’a pas posé de problème. Savo m’a accueilli comme si je faisais partie du groupe. Donc j’ai fait le dixième homme à partir d’octobre. Tous les jours j’attendais un coup de fil de mon agent ou d’un club. C’est une bonne et une mauvaise expérience, car on fait un peu le tri de ses amis. Il y a ceux qui t’appellent encore, même quand tu ne joues plus, et les autres. Je n’ai jamais vraiment eu de propositions concrètes, que ce soit en Pro A ou à l’étranger. Il y a eu quelques piges en Pro B, mais je m’étais donné jusqu’à Noël pour avoir quelque chose en Pro A. J’aurai peut être dû attendre moins longtemps, mais bon. Je suis à fond avec Antibes.
Comment expliques-tu qu’un joueur de ton statut ne trouve pas de club ?Je ne sais pas (Sourire). On va mettre ça sur le dos de la crise (Rire). Les mauvaises langues diront que j’étais trop gourmand, alors qu’avec le même salaire qu’à Gravelines, c’était bon. Je n’ai pas réellement d’explication. On entend un peu n’importe quoi en ce moment : comme quoi j’ai refusé des opportunités ici ou là, à des prix… À des prix qui m’auraient fait réfléchir et peut-être signer. Alors que tout ça est faux.
Ton ami Stephen Brun n’est pas payé depuis quelques mois à Split, as-tu pensé à partir à l’étranger ?Oui, on s’est vu la semaine dernière et nous en avons beaucoup parlé. Dans son cas comme dans le mien, ce n’est pas facile. Les expériences vécues sont différentes. J’avais une touche avec le club grec de Kavala (où joue Pape Philippe Amagou, et jouait Alain Digbeu). Mais il n’y a pas eu de suite. Et je ne voulais pas partir pour partir. Dans le cas de Stephen, c’est un manque de chance.
Antibes a beaucoup souffert en début de saison, mais reste désormais sur depuis 7 victoires en 8 matches. Quel a été le déclic selon toi, qui t'entrainais avec eux ?Depuis le départ du meneur (Herman Favors, qui a joué sept matches), qui était très fort mais n’allait pas dans le collectif, l’équipe va mieux. Elle jouait mal avec ce meneur. Il y a un bon groupe. Le fait de l’avoir coupé a fait réagir toute l’équipe. Cela s’est ressenti dans le collectif, qui s'est mis en place. Puis Jeff Horner est arrivé et ça a donné encore davantage de solutions.
L'arrivée de Vaidotas Peciukas a semble-t-il aussi beaucoup apporté à l'équipe...Oui, tout a fait. Il a su se mettre rapidement dans le jeu, s’intégrer au groupe. C’est une pièce importante au niveau du jeu offensif. Ses stats parlent pour lui.
Antibes est aussi la deuxième équipe à l’évaluation, mais n’est que septième ex-æquo au classement. Comment l’expliques tu ?Quand tu as un John McCord à 30 ou 40 d’éval à chaque match ou presque, ça aide. D’autant qu’il donne des passes, donc des points pour les autres. Avec lui, c’est toute l’équipe qui avance. Mais il ne faut pas regretter notre classement. Quand on commence à 0-6, être où nous sommes maintenant, c’est plutôt bien. Des équipes comme Quimper ou Boulazac aimeraient bien être à notre place.
Antibes est la cinquième équipe à l’adresse à trois-points. Connaissant tes qualités dans ce secteur, ça devrait encore s'améliorer...J’espère y participer, c’est vrai. On sait que je peux artiller derrière la ligne, mais je veux aussi montrer que je peux faire autre chose. L’adresse n’y était pas ce week-end, alors j’ai essayé d’apporter d’autres choses. J’aimerais que l’on dise de moi que j’ai fait un bon match pas seulement parce que j’ai mis des shoots à trois-points. Ma qualité première reste le tir, donc si je peux aussi faire des choses à côté, ça ne sera que plus bénéfique pour l’équipe.
Tu effectues une pige médicale pour remplacer Jeff Horner qu’à la fin du mois de janvier, comment envisages-tu la suite ?Mentalement, je suis au taquet pour Antibes. Je sais que c’est une situation précaire, mais je suis à fond pour Antibes. Je veux montrer des choses avec Antibes, pour me relancer et apporter à l’équipe. Cependant, si on m’appelle pour de la Pro A, je suis disponible à n’importe quel moment. Je peux renforcer une équipe qui a besoin d’un poste 2 shooteur.
Vous jouez samedi à Brest. Comment vois-tu ce match ?Oui, nous sommes dans une super dynamique. Je connais pas mal Brest pour y avoir joué souvent. C’est particulier. Il y a une grosse ambiance. Ce sera un match très important pour nous. Nous devrons jouer un match concret, en étant solide en défense, et en optimisant au mieux nos contre-attaques. Nous enchaînons avec un match de Coupe contre Saint-Vallier, et un match contre Clermont. On a été content de battre Saint-Quentin car les matches de reprise comme cela ne sont pas toujours bons. C’est un mois important pour Antibes et pour moi, alors je suis au taquet.