La Voix du Nord - 22/10/2008
PRO B Et, soudain, les Portelois redevinrent de fiers basketteurs au grand coeur
Dans le dur pendant les trois-quarts du match, les Portelois ont su se faire violence dans un quatrième quart-temps de feu et passer de moins dix à plus huit. Voilà donc une quatrième victoire qui permet aux Stellistes de rester dans le sillage de Paris et Bourg.
PAR PHILIPPE CADART
boulogne@lavoixdunord.fr PHOTOS « LA VOIX » « Pas de petite équipe… » Tout au long de la semaine, Arnaud Ricoux n’a cessé de mettre en garde ses gars contre le fameux inconscient des sportifs. Mais si, vous savez, cette force intérieure qui vous fait aborder un match dans un état second quand l’adversaire est présumé supérieur ou déjouer quand le match semble joué à l’avance. Face à la lanterne rouge antiboise, il y a donc danger, car les Azuréens n’ont pas gagné le moindre match.
Il faut donc attaquer ce match-piège par le bon bout. « Speedy » Boire et Zach Gourde, les tauliers, s’y collent : 7-2 (3e), 11-6 (5e ). Mais ça ne dure pas. La faute à une maladresse accablante chez Olivero et Jenkins, incapables de rentrer un panier, même à deux mètres. L’ESSM prend bien une petite marge au premier quart (18-13), mais ce n’est pas Woodstock. Du reste, cette mince avance fond très vite à la reprise : Doubal et Kennedy se jouent trop facilement d’une défense absente : 20-20 et même 20-22 avec Tchiloemba en dessous. Ricoux fait les cent pas, Ricoux a le regard noir. Une fois de plus, c’est Boire, aidé par Olivero, qui reprend la main et met un peu de folie : 30-24 (17e). Favors, la puce, ne l’entend pas de cette oreille. Antibes, aidé en cela par la fébrilité porteloise, recolle : 30-29 (19e). Heureusement, Boire met deux caviars juste avant la pause : 34-29.
Inconstance
Le scénario de reprise est du même tonneau : Olivero reprend en fanfare, mais, illico, la mécanique se dérègle. Doreau, qui a trouvé la distance, et Favors en profitent : 38-39 (34e). Jenkins et Boire ont beau secouer le cocotier, Antibes, avec Kennedy, ne lâche pas le morceau dans une « salle du mardi » qui ne met pas la même pression que d’habitude. Alors, les Musicos réclament du renfort : « Toute la salle avec nous ». Bel effort, mais insuffisant, car Karaibrahimovic allume tranquillement et Kenedy martèle sous le cercle : 48- 54 (28 e). Là, ça sent le roussi… Pis encore quand Doreau, puis Molinari enfoncent le clou : 48-58 (30e). Un rapide coup d’oeil sur les stats éclaire (si l’on peut dire) le jeu : aucun Portelois n’a deux fautes. Ceci explique cela. Râpé ? Mal barré en tout cas. Sauf qu’un vent de folie souffle à la reprise : Gourde, à deux reprises et Jenkins (eh ! oui Jenkins…) sonnent enfin l’heure de la vraie la révolte : 56-58 (33e) et 58-58 sur une claquette du même Jenkins. Damrémont revit, Damrémont exulte quand Ludon l’aérien claque un dunk derrière les oreilles de Kennedy : 63-61 (36e), 65-63 (37e). Là, c’est du basket. Olivero ne veut pas être en reste. Il claque à trois, puis à eux : l’ESSM pointe à + 8 (73-65 et 1’2" à jouer). Gagné après râpé ?
Oui, car Olivero assure aux lancers : 75-67. •
LE PORTEL - ANTIBES : 75-67 (18-13, 34-29, 48-58).
• LE PORTEL : Ludon 9, Boire 11, Olivero 16, Gourde 14, Jenkins 17, Chéry, Choquet 2, Beesley, Avramovic 4, Leburgue.
• ANTIBES : Karaibrahimovic 9, Favors 9, Molinari 4, Kennedy 23, Doreau 11, Tchiloemba 9, Marco, Sauret 2, Meuel.
Le Portel a un meneur ce que n'a pas l'OAJLP
Maxime Boire, parfait dynamiteur, avait la grinta hier soir
Nommé capitaine de l’équipe cette saison, Maxime Boire enchaîne sa troisième année au Portel. Bien en jambe depuis deux matches, le meneur stelliste a sorti une première période de feu avant de faire jouer ses coéquipiers dans une fin de partie palpitante.
Le meneur entame la rencontre tambour battant. Après avoir chauffé le poignet au lancer, « speedy » Boire passe la surmultiplié. Il prend de vitesse Favors pour conclure en contre attaque avant de perforer une nouvelle fois la défense et de jouer sur ses appuis pour mettre dans le vent Tchiloemba. Trente secondes plus tard, c’est à mi-distance qu’il plante (13-9). Et quand le micro meneur monte au contre sous son panier, les supporters scandent son nom. Ricoux, fidèle à sa philosophie d’impliquer toutes ses rotations dans la partie, lance alors Choquet en relais.
Après cinq minutes passées sur le banc, l’ancien joueur de Feurs et Roanne revient aux affaires. Toujours dans le bon rythme, le meneur est incisif et conclut de façon acrobatique sous le cercle avant de servir le caviar pour Jenkins (33-29, 20e). Le meneur de poche a vraiment la grinta.
Habituellement plus organisateur que scoreur, « Max » fait valoir la dynamique qu’il a dans les jambes. Plus en difficulté dans le troisième quart à l’image de son équipe, il est également économisé pendant cinq minutes par coach Arnaud. Il retrouve ensuite davantage un rôle d’organisateur dans la remontée fantastique des Stellistes. Toujours aussi collant pour le meneur adverse, il harcèle Mollinari et fini par voler un dernier ballon. Damrémont peut chanter, l’ESSM est à quatre victoires ! •
HUBERT COZE