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Prévisions
L?exercice est délicat. Redouté par les entraîneurs, recherché par les supporteurs. Avant que le premier entre-deux officiel de la saison ne soit effectué, les états majors adorent consulter les prévisions ? qui seront évidemment l?infidèle reflet de la réalité ? et situer leur équipe préférée dans l?un des chapeaux proposés : favoris, outsiders ou en grand danger.
Deux grands témoins ont accepté de se prêter au jeu, d?autant plus facilement qu?ils ne sont pas parties prenantes dans ces prévisions. Christian Monschau, coach duHavre et Jean-Louis Borg, technicien du promu Vichy « ?uvreront » en Pro A cette saison. Mais, ils connaissent la Pro B sur le bout des doigts. Le premier pour l?avoir fréquentée avec Strasbourg, Châlons et Epinal. Le second l?a dominée et quittée en fin de saison dernière. Tous deux « continuent de s?y intéresser de très près ».
Sans être des acteurs directs de ce film à suspense, Monschau et Borg préconisent une forme de classement différente. Pour l?ancien coach de l?Espé, « il y a les plus riches, les moyens riches et les pauvres ». Bien sûr, l?épaisseur du portefeuille n?assure pas à son propriétaire la rentabilisation de son investissement. Pour Borg, deux groupes vont devoir cohabiter dans l?antichambre de l?élite : « D?un côté, dix à douze équipes costaudes, de l?autre? les autres ».
« Il n?y a pas de règle »
Les noms ne diffèrent pas selon qu?ils sont énoncés en Seine-Maritime ou dans l?Allier. Limoges, Besançon et Bourg recueillent les suffrages. Châlons, Quimper, Saint-Quentin, Nanterre, Brest, Boulazac, Reims ? « pour son vécu en Pro A », dixit Borg ? sont cités parmi les bonnes équipes à surveiller. Par déduction, Evreux, Rouen, Nantes, Saint-Etienne, Saint-Vallier, Le Portel, Poitiers et Aix / Maurienne ont du souci à se faire.
Fort heureusement, chaque championnat comporte son lot de surprises. Bonnes ou mauvaises. « Les matches de préparation ont montré qu?il n?y avait pas une grosse différence entre Pro A et Pro B », avance Jean-Louis Borg comme pour préciser qu?à l?intérieur de la Pro B les écarts seront encore plus infimes.
Qu?est-ce qui fera pencher la balance dans un camp plutôt qu?un autre ? Le recrutement, le calendrier, l?amalgame réussi par un entraîneur ? « Il n?y a pas de règle », affirme Christian Monschau. « La constance, c?est que le champion, à chaque fois, a présenté la meilleure défense. Ensuite, que l?on confie les postes de meneur et de pivot à un Américain ou non ne me semble pas déterminant. Réussir des séries, en revanche, est essentiel ».
« C?est évident », confirme Jean-Louis Borg. « La démarche défensive est l?un des moyens les plus sûrs d?amener une équipe vers la plus haute performance. Et la défense, c?est un état d?esprit qui se travaille, se façonne ». Ce constat s?est imposé aux candidats aux honneurs d?autant plus aisément qu?il épouse les contraintes du budget. LeHavre et Vichy, certainement les deux plus faibles budgets de Pro A, ont donc adopté la philosophie du bon sens. « Mais, la tendance opposée se défend », ajoute le Vichyssois. « Roanne et Choulet ont remporté la Semaine des As et le titre national en s?appuyant sur l?attaque ».
« Ce qui est sûr », conclut-il, « c?est que l?équipe qui n?excelle ni dans un domaine ni dans l?autre aura du mal à aller au niveau au-dessus ».

