BASKET-BALL pro B
Vounang, la clé de voûte
Le pivot Brice Vounang est le Rouennais le plus performant cette saison. Pour le Camerounais, le SPOR doit se libérer mentalement à l'extérieur.
interview recueillie dans le journal Paris Normandie
Tandis que ses camarades se brûlaient les ailes en périphérie samedi à Nanterre, Brice Vounang illuminait la raquette adverse de son talent. Comme un phare au c?ur d'une terrible tempête, déclenchée en début de troisième quart-temps par des Franciliens guère contrariés défensivement. « Peu importe ma performance car à l'arrivée ce sera toujours une défaite (102-79) », soulignait hier le Camerounais, un brin agacé.
En cette sinistre soirée, il a pourtant longtemps masqué les imperfections des uns et des autres sur le plan offensif. Meilleur marqueur du SPO Rouen (26 points), il a effectué un premier quart-temps tonitruant (12 points). « Je ne suis pas le genre de gars à penser à moi en pénétrant sur un parquet. Le seul match que je retiens pour l'instant, c'est le dernier que nous avons disputé à domicile devant Angers (96-66). »
Il finit par concéder qu'il est plutôt « très adroit », une qualité innée, entretenue par le travail, notamment lors de son passage par l'université américaine de San Diego. « Ca m'a permis de bien comprendre mon rôle, d'être très fort dans la raquette. J'étais souvent le meilleur joueur de l'équipe. »
Très à l'aise à l'extérieur
Relégué sur le banc la saison passée en Belgique à Pépinster lors de sa première expérience en Europe, Brice Vounang s'était mis en tête de trouver « un vrai club » pendant l'intersaison. Un essai à Rouen a suffit convaincre Michel Veyronnet de l'enrôler. « Avant tout, je suis venu ici pour jouer. C'est vraiment un bon choix. Maintenant, il faut gagner des matches. Aujourd'hui, je suis déçu, on est à 5 victoires et autant de défaites. Nous souffrons d'une trop grande irrégularité sur le plan individuel et donc collectif. S'il n'y a que deux ou trois joueurs qui jouent à leur niveau par match, ça ne peut suffire pour gagner. » Persuadé que le SPOR aura « sa place en play-offs », Brice Vounang considère néanmoins que lui et ses partenaires doivent résoudre un problème mental lorsqu'ils évoluent sur parquet adverse, comme ce soir à Antibes.
« Tout est une question d'état d'esprit. C'est toujours facile de gagner chez soi. Avec l'appui du public, on finit par passer. A l'extérieur, on affronte des professionnels comme nous, passés par la même formation. Ce ne sont pas des gars de N1 ou de N2. Si on n'est pas fort mentalement, on se fait écraser. »
Contrairement à la majorité des compétiteurs, Brice Vounang s'épanouit dans un environnement hostile, propice à alimenter sa motivation. « Je n'ai jamais eu peur. Aux USA, c'est toujours à l'extérieur que j'ai réussi mes meilleures performances. Dans cette situation, on voit qui est qui. On ne peut en aucune manière se cacher derrière le public. »
Pour autant, il refuse de s'élever en modèle, de prendre la parole devant ses partenaires.
« Nous sommes presque tous nouveaux dans cette équipe. Ca ne se fait pas d'entrer dans la sphère de chacun, de dire qu'il faut faire ci et ne pas faire ça. C'est à chacun de voir comment il doit faire son job. Et puis si l'un remplit bien son rôle, les autres peuvent le suivre. »
A. G.


[/center]

