de Duke » Mer 11 Juin 2008, 12:45
BASKET-BALL / La mort annoncée de l'Espé
S’estimant « lâché » par les collectivités, le président châlonnais a décidé de ne pas engager d’équipe en N1 la saison prochaine.
L’ANNONCE faite hier après-midi par Michel Gobillot résonne comme un coup de tonnerre. Le président de l’Espé Châlons convoquera ce soir le comité directeur du club pour un ordre du jour extraordinaire. Il proposera de ne pas engager d’équipe en Nationale 1 la saison prochaine et de tirer sa révérence.
Michel Gobillot a pris cette décision à l’issue d’un dernier entretien avec les représentants de la Ville de Châlons au sujet du montant de la subvention versée à l’Espé pour le futur exercice.
Le club a payé cher sa relégation en Nationale 1. « On ne recevrait plus que 320.000 euros des collectivités contre 720.000 pour le précédent budget. Au total, le budget atteindrait 750.000 euros alors que nous misions sur 1.000.050 euros de façon à reconstruire quelque chose de sérieux pour remonter d’ici deux ans », détaille le « patron » de l’Espé avant de poursuivre : « Pourtant, notre partenariat privé était l’un des plus important de Pro B cette année mais, dans ces conditions, nous n’avons pas les moyens de construire une équipe, d’autant que nous avons encore sous contrat le coach Francis Charneux et Klemensas Patiejunas.
Il y a aussi une secrétaire et un commercial. Nous voulions ajouter un manager général. A moins qu’il y ait une équipe de bénévoles pour faire tout le travail… Moi je n’en connais pas ! Dans ces conditions, on arrête tout le 30juin. »
Triste épilogue
« C’est triste car l’Espé fait partie du patrimoine de la ville de Châlons. Aujourd’hui, toutes les villes
de cette importance essayent d’avoir un club pro », confiait Francis Charneux, « surpris » par la décision de son président.
« Le club est sain financièrement. Il n’y a pas de dettes. C’est dû uniquement aux résultats sportifs. Je ne veux pas juger à chaud », déclarait le coach châlonnais qui avait étudié, ces dernières semaines, « des éléments pour construire différentes équipes ».
Michel Gobillot n’est pas à son premier coup de gueule envers les collectivités territoriales. Une menace de plus ou triste épilogue d’un ras-le-bol récurrent depuis de nombreuses saisons ?
A en croire le mail adressé à tous les sponsors du club dès hier soir, la patience et la volonté du président ont vécu.
N.R.